Arrosage & entretien
Binage
Le binage est un travail superficiel du sol, mené à la binette, qui casse la croûte durcie se formant en surface après les pluies et les arrosages. Le geste est léger : on gratte les premiers centimètres, on émiette, sans retourner la terre ni toucher aux racines des cultures en place.
Son intérêt s'explique par la physique du sol. En séchant, la croûte de surface forme un réseau de fins canaux capillaires par lesquels l'humidité des couches profondes remonte et s'évapore. Briser cette croûte interrompt la remontée : l'eau reste disponible en profondeur, là où puisent les racines. C'est le sens de l'adage « un binage vaut deux arrosages ». Le sol ameubli absorbe aussi bien mieux la pluie suivante, qui pénètre au lieu de ruisseler, et le passage de la binette sectionne au passage les adventices à peine levées.
Le bon moment : après une pluie ou un arrosage, dès que la terre est ressuyée — ni détrempée, ni redevenue dure. On reste en surface, sur quelques centimètres, pour ne pas blesser les racines superficielles des légumes. Binage et paillage se complètent d'ailleurs : on bine les zones cultivées à nu, on paille tout ce qui peut l'être.
Côté outil, la binette n'est pas seule : la serfouette, avec sa panne et sa langue, se faufile dans les rangs serrés ; la ratissoire, poussée ou tirée à faible profondeur, couvre vite les grandes surfaces. Deux erreurs courantes à éviter : biner un sol détrempé, ce qui lisse et compacte la surface au lieu de l'aérer, et travailler trop profond près des cultures, dont les racines courent à quelques centimètres sous la surface. Autour des semis à peine levés, contentez-vous d'un sarclage très superficiel, presque en effleurant, le temps que les plantules s'enracinent.
Un passage de binette entre les rangs de haricots après l'orage garde le sol meuble et conserve l'humidité en profondeur.