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Arrosage & entretien

Quel paillage pour quelles plantes ?

Tous les paillis ne se valent pas : certains nourrissent le sol, d'autres le réchauffent ou l'acidifient. Voici comment accorder le bon matériau à chaque coin du jardin.

Paillis organique ou minéral : deux logiques différentes

Les paillis organiques — paille, feuilles mortes, tontes séchées, broyat de branches, écorces — se décomposent au fil des mois et nourrissent le sol. Ils conviennent partout où vous cherchez à améliorer la terre : potager, massifs de vivaces, pieds d'arbustes. Plus le matériau est ligneux, plus il dure : un broyat de branches tient plusieurs saisons, des tontes séchées quelques semaines seulement.

Les paillis minéraux — pouzzolane, ardoise, graviers — n'apportent rien au sol mais ne se dégradent pas. Ils emmagasinent la chaleur du jour et la restituent la nuit : un atout pour les plantes méditerranéennes et les rocailles, un inconvénient pour les plantes qui craignent la chaleur et les sols secs. Réservez-les aux zones que vous ne remaniez pas chaque année.

Au potager et aux massifs : accorder le paillis à la plante

Au potager, privilégiez les matériaux tendres qui se décomposent vite : paille, feuilles, tontes bien séchées en couche mince. Les légumes gourmands profitent de cet apport continu de matière organique. La paille reste la valeur sûre des fraisiers : elle garde les fruits propres et au sec, loin de la terre humide.

Pour les massifs d'arbustes et les haies, choisissez un paillis durable : broyat de branches ou écorces, qui tiennent plusieurs années sans entretien. Les écorces de pin, légèrement acidifiantes, conviennent bien aux plantes de terre de bruyère comme les hortensias ou les rhododendrons — mais évitez-les au potager, où cette acidité n'est pas souhaitable.

Épaisseur, moment et erreurs courantes

Comptez une couche de cinq à dix centimètres selon le matériau : en dessous, les adventices passent ; au-delà, l'eau de pluie peine à traverser. Paillez toujours sur un sol désherbé et humide, jamais sur une terre sèche ou gelée, et laissez le collet des plantes dégagé pour éviter la pourriture.

Trois pièges classiques : les tontes fraîches étalées en couche épaisse fermentent et chauffent ; un paillis ligneux enfoui dans le sol provoque une faim d'azote, laissez-le donc en surface ; enfin, un paillis organique s'affaisse en se décomposant et doit être rechargé régulièrement. En contrepartie, un sol bien paillé s'arrose moins souvent, mais plus copieusement.