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Corridor écologique
Un corridor écologique est une liaison qui permet à la faune et à la flore de circuler entre deux milieux favorables. Il peut être continu — une haie, une bande enherbée, une ripisylve le long d'un cours d'eau — ou discontinu, en pas japonais : un chapelet de petits éléments proches les uns des autres, mares, bosquets, jardins, que les espèces utilisent comme relais. C'est l'une des deux briques de la trame verte et bleue, avec les réservoirs de biodiversité qu'il relie entre eux.
La notion compte parce que son contraire, la fragmentation, est devenue la règle : routes, murs pleins, clôtures scellées au sol, surfaces imperméabilisées découpent le paysage en cellules étanches. Les populations isolées se renouvellent mal, et un jardin d'où une espèce a disparu ne sera pas recolonisé si rien n'y mène. Un terrain accueillant mais clos de toutes parts ne retient durablement ni hérisson ni amphibien.
À l'échelle d'un jardin, quelques choix suffisent à faire corridor. Préférez une haie champêtre continue à un mur doublé de thuyas ; ménagez des ouvertures au ras du sol dans les clôtures ; alignez massifs, bandes non tondues et points d'eau de manière à relier les zones refuges plutôt que de les disperser. L'éclairage nocturne compte aussi : une lumière permanente forme une barrière pour beaucoup d'espèces nocturnes, d'où l'intérêt de faisceaux dirigés vers le sol et de plages d'extinction. Un jardin ne fait évidemment pas corridor à lui seul : sa valeur vient de ce qu'il prolonge ce que font les terrains voisins, une haie mitoyenne, un fossé, un talus enherbé. C'est aussi pourquoi la question se traite mieux entre voisins qu'à l'intérieur d'une seule clôture.
Deux ouvertures opposées de 13 centimètres au bas d'une clôture transforment un jardin clos en simple étape sur le parcours nocturne d'un hérisson.